LA FACE CACHEE DU SOUS-EMPLOI

Publié le par PP GIRARD SATIE conseil RH

A l’ombre des formes de travail précaire connues et reconnues (intérim, CDD, stages), apparaît le sous emploi qui échappe au décompte des chiffres du chômage. Parce qu’il se confond avec le travail à temps partiel, il est relégué à la rubrique « conciliation entre vie privée et vie professionnelle » ou qualifié de « bon pour les femmes », il est noyé dans un terme générique d’emploi atypique.

On distingue deux sortes d’emplois atypiques :
     Ceux qui se distinguent de la norme par la durée et la stabilité : CDD, intérim, contrats aidés, stages diverses.
     Ceux qui se distinguent de la norme par le temps de travail et le salaire mensuel : le travail à temps partiel non souhaité pour bonne partie.

En France, 6 millions de personnes sont concernées par ces emplois atypiques (25% de l’emploi total), dont 4 M à temps partiel. Parmi ces emplois atypiques, les 2/3 sont occupés par des femmes. Entre 1980 et 2002, le nombre de CDD a été multiplié par 3 (319000 à 897000), les contrats intérim par 5 (114000 à 524000) et les contrats aidés et stages par 3 (115000 à 421000). Les emplois temporaires qui touchaient 2,7 % de la population active occupée en 1985, concernent 8% de la population active en 2002.

Temps choisi ou temps subi.

Il est à noter que ces types d’emplois recouvrent des situations très différentes. L’intérim réputé très précaire, concerne aussi des salariés très qualifiés. De même que le CDD renouvelé peut s’avérer plus stable qu’un CDI. Néanmoins, ces formes d’emplois hors normes sont caractérisées par l’instabilité qui les assimile à la précarité et au chômage. Et ce sont souvent les mêmes personnes qui sont concernées et qui oscillent entre travail en CDD, petits boulots, chômage et instabilité permanente.

« Un gouvernement ne resoud pas les problèmes, il les subventionne. » Ronald REAGAN. Apparue dans les années 80, de 1,5 million d’actifs à temps partiel (TP), on est passé à  4 millions de personnes à TP, à la faveur de la crise de l’emploi et sous l’impulsion de mesures incitatives gouvernementales pour accompagner de douloureux plans sociaux.

Bien entendu, co-existent des logiques différentes selon le type d’emploi ou le secteur d’activité. Ce sont des décisions individuelles de réduction du temps de travail, ou bien des logiques d’organisation du travail fonction du secteur d’activité ( hôtellerie, restauration, commerces,…) fonction du métier particulier (caissières, vendeuses, femmes de ménage,…).

Le travail à temps partiel est au cœur du problème. A se focaliser sur les débats des 35 heures et RTT, on en oublierait ceux qui souhaitent travailler plus.

Ils n’ont pas le choix. Plutôt que d’être au chômage, sous la menace de radiation de l’ASSEDIC, les candidats et candidates au TP préfèrent quelques heures éclatées, payées en sous SMIC.

Alors choix voulu ou choix forcé : Ce n’est pas qu’un problème économique. Il y a une forte idéologie quant à présenter le TP comme une organisation idéale pour les femmes. Le problème, c’est qu’il devient le moteur de la pauvreté des masses laborieuses. D’après les recherches de Pierre Concialdi et Sophie Ponthieux  « les bas salaires en France : quels changements depuis quinze ans ? » 3,4 millions de personnes travail pour moins du SMIC (80% de femmes), un véritable phénomène de paupérisation.La France du début du XXIème siècle compte 3,4 millions de personnes payées en dessous du SMIC, la plupart sont des femmes. Pourquoi tant de discrétion, sommes-nous plus tolérant quand le phénomène affecte le 2ème sexe ?

Le sous-emploi devient la face cachée de la crise de l’emploi. C’est aussi un moyen de pression sur ceux qui travaillent dans la norme. Car c’est bien au nom du chômage que l’on précarise, que l’on re-organise les rythmes de travail et que l’on fait accepter des salaires inférieurs au SMIC !

 

 

PPG

Publié dans Billets d'HUMEUR

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Christophe BLAZQUEZ 21/10/2005 18:38

Bienvenue dans la blogosphère RH
En attendant de nombreux autres articles !

Longue vie !