Retraite par capitalisation : la grande braderie US

Publié le par PP GIRARD

Dans un précèdent poste ou je révélais la philosophie de Walmart teintée d’insécurité sociale, j’ai noté de la société Delphi,  grand équipementier automobile Américain : « Delphi, sous traitant automobile, souhaiterait carrément payer ses salariées 9.5 $ ou lieu de 28 actuellement ... » Nouvelle,  pratique managériale pour motivation du personnel. Nullement !  Etayé par un reportage récemment à l’écran sur la cinq, Ce pavé dans la marre m’interpelle et demande quelques explications.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’aux Etats-Unis, le financement des régimes de retraite est exclusivement un régime par capitalisation. C’est l’entreprise qui finance intégralement.  Les retraites de ces ex-salariés. Pour comparer, en France, nous avons un régime obligatoire par répartition qui garantit une sécurité « sociale » pour tous, auquel il est possible de coupler une retraite supplémentaire à prestation définie [1], équivalente au système américain.

Pour l’exemple  qui nous intéresse, Delphi, quand le système de retraite par capitalisation a été instauré, tout allait bien (dans un bon équilibre entre charges et recettes confortables). Seulement voilà,  depuis quelques années, ce dispositif coûte de plus en plus cher eu égard à l’allongement de la durée de vie des retraités.  A telle enseigne que dans l’industrie automobile, on compte deux actifs pour cinq retraités.

Ca pose de sérieux problèmes à la gestion analytique de l’entreprise qui doit répercuter 1500 € de charges fixes supplémentaires par véhicule fabriqué pour supporter le système actuel. Payable par le consommateur (dans un marché aussi concurrentiel que l’automobile, et de guerre des prix, ça peut tourner au drame, …).

Ca pose surtout de graves problèmes sociaux induits par cette décision dramatique de baisser les salaires pour que l’entreprise vive, …, pour éviter des licenciements secs ! (Moins pire que pire).

Ca pose enfin le problème de la gestion de la firme,  puisque les contestataires les plus virulents évoqueraient des fautes de  gestion, du gaspillage, des choix stratégiques, de l’enrichissement des actionnaires, et, aujourd’hui,  du « lynchage » du petit personnel sous la forme d’une baisse substantielle des salaires.
Au delà de l’exemple de la firme Delphi, se pose aussi le problème des retraites par capitalisation de toute la société Américaine, et des conséquences actuelles et à venir, et du manque de clairvoyance « sociale » des dirigeants d’entreprises, peut être un peu trop préoccupés par les tensions du marché et les a coups de la bourses… . On commence à voir et à mesurer les limites du modèle durable et profitable américain. J’ai le souvenir du débat français, sur ces régimes particuliers il y a 10 ans, on parlait déjà du risque encouru par une entreprise confrontée à un passif social qui pourrait exploser eu égard à ce dispositif entre autres de retraite supplémentaire, par capitalisation ...

A la lueur de l’exemple de Delphi, et pour  reprendre la citation de la première page d’un blogeur de hautes montagnes  "L'homme est le terme unique d'où il faut partir et auquel il faut tout ramener." (Denis Diderot / 1713-1784)

 

 

[1] : contrat de retraite basé sur des cotisations définies à l'avance entre l'employeur et les salariés

Publié dans Billets d'HUMEUR

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leopold 11/03/2006 21:23

Voir aussi le cas de general motor, fleuron de l'automobile à détroit....