Dialogue sur la " protection " sociale avec un dentiste [D] comptable, philosophe, visionnaire et son patient [PPG]

Publié le par PP GIRARD

Un livre, ma carte vitale, un peu de courage et je me rends en fin de soirée chez le dentiste à quelques pâtés de maisons.
Pourquoi un livre ? Non pas que je trouve insignifiantes les revues pausées en vrac sur la table de la salle d’attente, elles le sont,   c’est fait pour cela, pour se détendre. Plutôt pour ne pas perdre le fil d’un livre fort intéressant sur le dialogue social, et, il n’y a pas de hasard, l’occasion m’est donné de pondre un nouveau post.

PPG : « Alors Docteur, toujours sur les dents … ? » lui dis je  pour atténuer mes angoisses dentaires.  (Notre dentiste a le sens de l’humour)

D : « Vous avez attendu ? »

PPG : « Pas vu le temps passé, trop absorbé par un bon bouquin, et puis j’ai remarqué que  dans votre cabinet on attend pas, plus, moins qu’ailleurs … J’ai le souvenir de rendez-vous dentaires, il y a quelques dizaines d’années de cela , où  j’ai attendu, attendu, … ,  des heures dans des salles bondées, à compter les personnes une par une qui défilaient  … de quoi philosopher sur  l’angoisse du patient, ou sur les « mensonges d’un arracheur de dents » !

Les dentistes, nouvelle générations, auraient- ils pris consciences de la gestion du temps….

D : « autrefois mes confrères et soeurs dentistes prenaient des rendez-vous tous les ¼ d’heure, approche scientifique. Hélas, chaque événement inopiné décalait un peu plus le timing. Maintenant c’est toutes les 20 ‘ »

Un problème d’organisation, quoi, …,  j’y vois plutôt une meilleure prise en compte de l’humain … .

D : « Par contre, pour obtenir un nouveau rendez-vous, il  vous faudra attendre un mois. »

C’est relatif, ça semble peu, mais pour une ville moyenne de 30000 habitants, c’est inattendu ». Et nous voilà au cœur du problème, à côté du nerf de la dent.

D : « car  nous sommes confrontés à une pénurie de dentiste. Et le « papy boom » dentaire  ne va pas arranger les choses ».

Quelques chiffres lancés à la cantonade : 800 dentistes formés, par an pour 1000 départ à la retraite.

PPG : « Et  puis le gouvernement vient de vous accorder quelques augmentations substantielles d’honoraires dentaires »

D : « Pour arracher une molaire « difficile » (qui ne se laisse pas faire) je suis payé 20 €. Vous croyez qu’un plombier par exemple accepterait de travailler pour si peu ? » Quand le plombier devient une icône …

Je ne sais pas quoi répondre, du moins, quand j’ai mal aux dents, je m’adresse en priorité au dentiste, pas au plombier. C’est plus prudent, et puis attaquer les dents au chalumeau, ça doit faire assez mal. »

Et notre dentiste, de rajouter : « l’augmentation qui vient de nous être accordée, nous la reverserons sous forme de charges sociales »

Vrai, faux, on pourrait penser que notre dentiste est un éternel insatisfait, ou bien, ironique et ne voulant pas déroger à sa réputation de « menteur comme un arracheur de dents ». Néanmoins, connaissant les rouages et les affres des plafonds et des planchers sociaux, y a peut être du vrai dans la bouche de notre dentiste…


Polémique
PPG :   « ou bien vous faites partie de cette caste de médecins tiroir caisse ? »

D : « Faut pas faire d’amalgame (lol), je pratique des honoraires conventionnés, et je facture mes prothèses (heureusement il y a les prothèses dérivées) selon  des tarifs raisonnables, je n’applique nullement des coefficients X2 ou X3 comme mes escrocs mes confrères ! »

Ah, les prothèses, c’est le gras du dentiste, comme quoi, il n’y a pas que dans les secteurs hyper médiatiques que l’on fait du gras avec des produits dérivés.
Une suggestion, à quand les prothèses pour dents faciales « Hollywood » ou « mastefood » [1]
des industriels qui essaient de nous faire perdre nos repères par une communication qui dédouane ces produits sur le thème (sucre = carie    > il faut relativiser !), et pour aller plus loin en faisant « alliance » avec l’union française de la santé bucco dentaire !

Les nouvelles valeurs des jeunes sont en contradictions avec la réalité annoncée, et les perspectives démographiques.
PPG : « Dentiste, c’est un métier,  je crois que c’est plus que cela, c’est une vocation, des valeurs.  Certes, vous pouvez bien gagner votre vie, mais quel courage, quel dévotion, les journées sont longues, et, eu égard à cette pénurie annoncée, ça ne va pas s’arranger pour vous. »

D : « Non, le problème est comptable. Il faut remonter aux décisions gouvernementales sous l’égide du premier ministre Alain Juppé qui a  dit simplement : « Si, globalement, Il y a moins de médecins, il y aura moins de malades, et donc moins de dépense de santé ».

Bien entendue docteur Knock, car toute personne  bien portante est un malade qui s’ignore.

PPG : «  Il me semble que vous faites allusion au numerus clausus ! Et pourquoi ne pas faire appelle à des dentistes étrangers ? »

D : « Pas si simple, car il y a peu d’écoles dentaires en Europe, entre autres. Peu ou pas d’excédents de dentistes chez nos voisins »

PPG : « Au delà du secteur dentaire, le système global de santé français coûte cher,  environ 10 % du PIB, les praticiens sont mal payés, les patients sont plumés ruinés, tout le monde est insatisfait. »

Par exemple, en Finlande [2] le système de santé est décentralisé au niveau des communes. Ces dernières qui lèvent l’impôt, se regroupent plus ou moins librement en districts hospitaliers, qui négocient les prix et les prestations avec les hôpitaux. Le système finlandais a des résultats sanitaires proches de ceux de la France en ne consacrant que 6.5 à 7.5 % du PIB aux dépenses de santé, 10  pour la France, je vous le rappelle. Les maires semblent en situation de choisir les solutions les plus efficaces.

PPG : " Nous avons une approche  rationnelle, cartésienne des problèmes à telle enseigne,  et comme vous le disiez justement, en France, à un problème de santé public, une solution technocratique (comptable). Et certaines personnes bien intentionnées pourraient nous opposer que l’on ne gère pas un pays de 60 Millions de personnes comme un pays de 5 millions d’habitant (allusion au pays nordiques)"

Et en bon philosophe, notre dentiste de conclure : «  De la prévention,  de la pédagogie, encore de la prévention »

Parole d’expert, les pays du nord ont efficacement développé la prévention en matière de santé dans un souci de maîtrise des dépenses (comptables), mais surtout par souci de la personne (l’humain). Là est un bon moyen de faire évoluer notre modèle de protection social, nos mentalités, sans effaroucher le peuple français.

D : « Bon, le temps passe, …. Bizzzzzzzzzzz…. »
 

[1] « mastefood » : mars, snikers, twix, …
[2]  Faut il brûler le modèle social français ? Alain Lefebvre & Dominique Méda Seuil

 

Publié dans Billets d'HUMEUR

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PPG 27/03/2006 17:53

Pour ma part, j'utilise babelfish, Hélas il n'y a pas de translate du croate vers le françaisfaudra passer par l'anglais ou le googlemerci de votre visite

Satie 26/03/2006 19:35

bonjoure, je googleing and que j'essayais de trouver someting au sujet de Satie et de votre blog a sauter vers le haut, ainsi  j'a gauche vous un coment. Satie n'est pas mon nom. J'aime Satie, et le nom de mon blog est l'un de chansons de Malcome McLaren Paris appelé par album.  Je suis profesor de la littérature, et vous?  Je voudrais que je pourrais lire votre blog, mais je ne comprends pas le français, il regard comme il est quelque choseintéressant . salut

satie 25/03/2006 20:49

Yes, it is funny:)  Je ne parles pas Francaise, mais j'utilise des outils de launge de google pour traduire?