Faire entrer toutes formes dart dans le monde de lentreprise : « jappelle cela des frictions créatives »
Voilà un article de Christian Mayeur, consultant, féru d’art contemporain, qui me ravi, (Management mars 2006 « le management est un travail d’artiste ») et en même temps qui rend triste.
« Une toile abstraite accrochée dans le bureau du PDG, une sculpture monumentale dans le hall de l’accueil » Voilà a quoi se réduit le lien entre l’art et l’entreprise. La symbiose architecturale du constructeur BMW reste bien entendu, une exception « culturelle ». Dans une entreprise, on pratiquerait l’art invisible, l’art furtif, l’art cloisonné, cantonné au réduit du bureau ou du coin de celui ou celle qui veut marquer son territoire par des symboles extérieurs, une signature, pour nous dire : "j’existe", mais pas trop, comme si il fallait cacher.
L’art est tabou dans l’entreprise. L’art (militaire) pratiqué dans l'entreprise est celui de la stratégie d’entreprise, une forme d’art(ifice) soi dit en passant … ? C’est la règle du conformisme et de la rationalité qui domine, et ceci indépendamment des demandes de formation qui portent entre autres sur le management, l’art d’être souple, ou comme se servir de son hémisphère droit (lieu de l’imaginaire, du sens créatif, …)
Paroles de chefs d’entreprise : nous voulons des personnalités, des talents, des gens capables d’anticiper, de voir plus loin, de manager à l’équilibre, d’être à l’aise dans la contradiction, doués d’une grande ouverture d’esprit, ayant une une approche multiculturelle. Dure pour des esprits rationnels voire binaires pour qui l’alternative se décline en 0 ou 1. Dans un environnement dynamique, nous avons besoin plus que jamais de « personnes capables de voir ce que les autres ne voient pas encore. »
L’ouverture d’esprit, la stimulation de l’hémisphère droit, cela s’acquière et s’entretien. Au même titre qu’une formation a tel ou tel concept, nous avons besoin de développer notre sens artistique et pas seulement avant de mettre le pied dans une entreprise, ou pour customiser un CV, et ensuite plus rien, ou plutôt au boulot !
Comme le suggère Mayeur dans son article, quand on évoque l’art appliqué à l’entreprise, on peut éventuellement passer pour un extra-terrestre, aux yeux de celles et ceux (bien intentionnés) qui vous écoutent. C’est laid ! (Choquant)
Déprimé, le mot est mal choisir, je préfère triste, parce que dans ma carrière j’ai eu à proposer des projets de symbiose entre l’art et la production en milieu industriel, quitte à être pris pour un doux rêveur RH, sans succès et une quinzaine années plus tard, ces dirigeants nous tiennent les même discours en matière de compétences : talent, compétences sociales, dans un environnement toujours plus dynamique, toujours plus ouvert à l’international, nous avons besoin de personnes de grandes cultures, de grande ouverture d’esprit, des personnes ayant des idées …
Sommes nous sur des voies de progrès ?
Oui, je le crois car « c’est le jour des révolutions ou tout s’arrange » Montherlant.