Commission Nouvelles génération du Medef : une charte pour les stagiaires " haut de gamme"
Kafkaïen
A l’heure ou des étudiants manifestent vigoureusement contre le CPE, d'autres, pour recouvrer une place en amphi ou en salle de TD, ... . De façon régulière, des mots apparaissent et viennent frapper notre conscience, « précaire, anonyme, stagiaire, jeunes » trouvé l’intrus. Le Medef fait de la pédagogie collective à l’attention de ses adhérents, et présentait, il y a quelques jours une charte des stages de l’enseignement supérieur, une sorte de guide « de bonne conduite » pour stagiaires et entrepreneurs motivés. A défaut d’être synallagmatique, la charte reprend l’esprit d’un contrat sans en être un et s’articule autour de deux piliers :
L’obligation de signer une convention tripartite (Ecole, Stagiaire, entreprise), avec un point remarquable à souligner (inviter l’entreprise d’accueil à négocier une gratification pour les stages de plus de trois mois).
Un respect des obligations réciproques pour le stagiaire et pour l’entreprise.
Voie de progrès
C’est positivement positif. Bien que la charte soit un outil de communication et de pédagogie, sans aucune valeur contractuelle, elle permet de clarifier le rôle des trois parties (Ecole, stagiaire, entreprise), et souligne deux points qui me semblent fondamentaux :
Le rôle de l’école qui doit accompagner l’étudiant dans son projet professionnel, son orientation disait on autrefois et pas seulement qu’un contrôle de la recherche du stage …
Le rôle de l’entreprise qui met à disposition un maître de stage, un coach, un mentor, un conseiller technique, et pas simplement un rôle de figurant, pour signer une convention et assister, en fonction de son timing, à la soutenance du stagiaire.
Minimiser les risques
L’organisation patronale ne se mouille pas prend pas trop de risque sur ce coût là. Puisque elle laisse à chaque entreprise le soin d’apprécier la situation. C’est congruent eu égard aux valeurs de l’organisation patronale. Rien de neuf, les « règles de conduites édictées par la charte sont appliquées dans les entreprises, du moins partout ou la FRH [1] est représentée (buzz), et vous n’êtes pas sans savoir que la convention de stage est obligatoire, ne serait-ce que pour des questions de couverture en cas d’accident du travail. Il me semble que la plupart des entreprises adhérentes au Medef sont "équipées" en matière de FRH [1] ! Mais le problème n’est pas administratif, il est plutôt pédagogique, teinté d’une "non prise" de conscience professionnelle : un pas de plus vers l’autonomie.
Dérives : mais à qui s’adresse t on ?
La charte s’adresse aux stagiaires de l’enseignement supérieur, « les managers de demain », une avancée de plus dans la discrimination positive (encore une expression à la mode …). Quid du Medef : « Le MEDEF est conscient des dérives parfois constatées et les condamnent fermement » Constatées ou à venir aurait pu s’exclamer l’organisation comme cette affaire de « stagiaires : quelle cirque ! » et de rajouter à Mme la responsable du grand cirque, si vous aviez été adhérente du Medef, vous auriez su ! Nous avons encore à l’esprit les manifestations des étudiants qui dénonçaient les stages photocopieuses, la banalisation, le travail masqué…, le non suivi pédagogique … . Est ce cela qu’évoque l’organisation patronale ? Ou plutôt procède t elle à une communication impactant vers :
Les stagiaires, on s'occupe de vous, et estimez vous heureux d'avoir un bon stage, (arrêtez de vous plaindre).Maternisation, quand tu nous tiens !
De la cohérence dans l’autonomie
C’est la grande confusion sémantique et comme nous le rappelait un article récent de courriers cadres. Alors les stagiaires autonomes ou pas ? Parce que avant de décréter qu' un stagiaire ou un salarié est ou n’est pas autonome, faudrait s’entendre sur ce que l’on entend et ce que l’on attend. A ce niveau de discussion, et devant l’importance de cette dimension indispensable pour être un bon « travailleur », je passe la main aux spécialistes.
Initiative
Globalement l’initiative est cohérente, mais d’ores et déjà discriminante, c’est regrettable que cette communication ne s’adresse pas à toutes les entreprises, toutes tailles confondues et plus particulièrement aux plus petites souvent non pourvu d’une FRH [1] structurée, et qui, de surcroît devraient être encore plus sensibilisées aux bonnes vertus de cette charte du stagiaire. A moins que dans un élan de solidarité, le mouvement des entrepreneurs décident de communiquer cet outil vers toutes les entreprises. Si dans les faits, cela semble compliqué, je lance l’idée et il y a suffisamment de relais pour diffuser l’info, ou alors je propose aux instances du Medef de demander à Loic Lemeur, un pro du blog et de la communication impactante ! (à l’instar de quelques stars du web podcastées ...)
Et de s'interroger, finalement sur les déclarations d'intention du Medef vers les jeunes et futurs diplômés, une avancée en terme d'autonomie, ou un pas de plus dans la maternisation ?
[1] FRH : Fonction Ressources Humaines