Chronique d'une boulangerie de quartier : l'entretien collectif.

Publié le par PP GIRARD

    Midi, je vais acheter mon  " campagne " tranché, dans une boulangerie de quartier. A l'intérieur de la boutique, je remarque, un peu en retrait de la file d' attente, un ado.  et sa mère, qui semblent  attendre une commande patissière savoureuse ... et puis la serveuse, diplomate, invite se couple "insolite" à venir se réfugier dans l'arrière boutiqu de la boulange  (c'est comme ça qu'on dit depuis qu' Alain DUCASSE s'est mis aux pains ***). Quand surgit le patron, maître boulanger. S'engage  alors une conversation entre les trois protagonistes sur le thème de l' apprentissage ...

    Le dernier dossier de l'APEC revient sur la problématique suivante  "comprendre les recruteurs pour mieux les convaincre" et souligne le décalage entre les attentes des recruteurs et les attentes, les perceptions que se font les jeunes du processus de recrutement, qu'il jugent finalement aléatoires et subjectifs :
"...   l'autonomie, un point crucial pour les recruteurs qui en ont une définition bien à eux : l'autonomie n'est pas une capacité à travailler seul mais plutôt une sorte de potentialité. On n'attend pas du jeune recruté qu'il sache tout faire, mais qu'il soit capable de s'adresser à la bonne personne ou au service adéquat en cas de besoin. Et ainsi se donner les moyens de devenir rapidement autonome.
Maïmouna Fossorier, responsable des études Cadres et Jeunes Diplômés à l'Apec : Pour les recruteurs, être autonome, c'est savoir se débrouiller, en allant chercher soi-même de l'aide."

Fil rouge
    Cette exemple, plutôt sympathique m 'amène à penser que notre jeune apprentis a peut être pris au "pied de la lettre" l'article de courrier cadres ... (?). bien entendu, un peu éloigné de la problématique de ce jeune apprentis.

    - Besoin d'être rassuré par une présence maternelle pour affronter l'epreuve du débutant ?
    - Forme de matriarcat ;  mère qui souhaite vivement être présente durant l' entretien, pour finalement négocier et valider les modalités de l'apprentissage, et répondre aux interrogations du recruteur quant à la personnalité de son fils, car qui connait le mieux  qu'une mère (finesse et subjectivité) ?
    - Ouverture et diplomatie d'un maître boulager ordinaire, qui souhaite montrer une apparence "cool" et décontractée ?


Autonomie et personnalité
    Il n'a pas l'air si stressé, ce jeune apprentis candidat - insouciant - . Et sa mère, au demeurant parait bien sympathique. En somme, il n'y a pas de hasard, cette rencontre devait bien avoir lieu entre ces trois personnes  : " trois inconscients qui se rencontrent " nous dirait FREUD.

    Parler de soi, "à quoi ça sert?" pourrait nous rétorquer ce jeune apprentis. De surcroît, on  se situe dans le cadre d'un métier technique et manuel ; on s'exprime avec ses mains, et ses méthodes. L'important, c'est de savoir faire du bon pain et des bons croissants ! Néanmoins,  le maître boulanger, un homme de relations humaines et d'expérience, qui se situe dans un véritable processus de recrutement et qui, de façon tout à fait déambulatoire, est en train de cerner, par un subtile dosage de perception et de jugement le potentiel du candidat, sa personnalité,  et sa capacité à devenir rapidement autonome.



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Publié dans Stratégie d'emploi

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P
Cecile, Quand le "paternalisme" rencontre le "matriarcat" un transfert de compétences, ou plutôt un transfert de pouvoir. Il y a surement des us et coutumes qui m'échappe. J'ai surtout été surpris de cette démarche, j'ai plutôt une expérience industrielle où les processus de recrutement sont bien cadrés, et même bien encadrés. Comme je le souligne dans mon post, et selon mon ressenti du moment, ça fait bien parti d'un rituel. Merci pour la pertinence de ta remarque, et vive l'emulation dans le débat ;-)
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C
Sympathique article. En effet, qu'une mère assiste à l'entretien de son fils, cela peut prêter à sourire. Mais j'ai l'impression que cela fait partie plus ou moins des usages des métiers de l'artisanat où il me semble (à confirmer cependant) que l'on demandait aux candidats d'être présenté par leurs parents. Peut-être aussi était-ce une question d'âge et de majorité non atteinte.
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C
PPG,Merci pour cet article très intéressant :-)Je vois que tu n'as pas perdu ta plume !Bonne continuation et @ bientôtChristophe
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